L’Agile est mort… d’overdose

Le titre provocateur « L’Agile est mort » a envahi la blogosphère ces dernières années avec des articles qui proposent toujours les mêmes solutions pour la sauver. L’ironie est que ces solutions sont souvent les causes mêmes de l’échec de l’Agile.

Étendre l’Agile à toute l’organisation

Il est couramment admis qu’une équipe agile, isolée et seule, ne peut pas fonctionner correctement si l’ensemble de l’organisation n’est pas elle-même agile et si l’ensemble du management n’est pas impliqué dans la transformation agile globale.

Cependant, toute transformation globale de l’organisation est une aventure à la fois coûteuse et extrêmement risquée (et c’est un euphémisme). L’échec quasi certain de la transformation globale aboutira au rejet de l’Agile pour une bonne dizaine d’années. 

De plus, qui peut croire qu’une transformation globale puisse être initiée avec une approche inventée dans le domaine informatique ? Même si le Digital a gagné en importance, une transformation d’une telle envergure ne peut être initiée qu’au niveau des Métiers. 

Enfin, il est utile de rappeler que l’Agilité, née dans les années 90, n’avait alors pas besoin d’une entreprise entièrement agile pour démontrer ses bénéfices. Les pionniers de l’Agile ont prouvé que d’excellents résultats peuvent être obtenus sans un changement organisationnel global.

Plutôt que de prôner une transformation agile de l’ensemble de l’organisation, il est judicieux de commencer à petite échelle. Il s’agit d’obtenir les bénéfices de l’Agilité dans un cadre restreint pour éventuellement étendre cette approche. Si, à petite échelle, les gains ne sont pas au rendez-vous, il serait imprudent de viser plus grand (ceci s’applique aussi à la méthode SAFe).

Appliquer l’Agile au-delà de l’Informatique

L’idée d’appliquer l’Agile à d’autres domaines que l’informatique est séduisante : si elle fonctionne pour l’IT, pourquoi pas ailleurs ? Cependant, les résultats ne sont pas garantis. En cas d’échec, c’est l’ensemble de l’approche agile qui pourrait être remise en question.

La première difficulté réside dans les spécificités de chaque domaine. Même au sein de l’Informatique, différents métiers existent. L’Agilité, conçue pour le développement logiciel, n’est pas spécialement adaptée aux projets d’infrastructure. La seconde difficulté est la résistance naturelle au changement. Les employés d’autres services pourraient être satisfaits de leurs processus actuels et percevoir cette transformation initiée par l’informatique comme une intrusion indésirable.

Il faut faire une distinction claire entre l’Agilité dans le développement logiciel et les autres formes d’Agilité dans d’autres domaines pour éviter de tout mettre dans le même sac.

Sauver l’Agile, ou pas

Comme toutes les modes, l’Agilité arrive dans le creux de la désillusion du fameux Hype Cycle. Le soufflé retombe et c’est la panique pour le business de l’Agilité.

Faut-il sauver l’Agilité ? Il s’agit de sauver les approches agiles qui fonctionnent et d’abandonner celles qui échouent. Comment la sauver ? En commençant à petite échelle, là où le changement a le plus de chance de réussir.

Chez TimePerformance, nous sommes convaincus que l’Agilité continuera à prospérer dans le développement logiciel dans les organisations où elle est bien appliquée, car ses bénéfices y sont clairement démontrés. 

En conclusion, on peut dire que l’Agile est mort d’overdose; d’overdose des organisations à qui on a promis des miracles et qui n’ont pas vu de résultats, d’overdose des personnes qui ont dû subir un énième changement à marche forcée.  Mais il restera toujours quelques équipes pour qui leur Agile reste une évidence…

 

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