Valeur Acquise ou le Graal de la gestion de projet

La Valeur Acquise est la seule technique de suivi de projet. Malgré son efficacité, cette technique est méconnue et rarement utilisée. Cet article raconte comment la quête de la Valeur Acquise nous a conduits à créer un nouveau logiciel de gestion de projet  pour démocratiser son usage.

Saint Graal

La technique de la valeur acquise a été créée il y a plus de 50 ans. Elle s’est imposée comme le standard officiel pour le suivi de projet et est un prérequis pour pouvoir répondre aux appels d’offre des agences gouvernementales dans les pays anglo-saxons.

 

La légende de la Valeur Acquise

Dans tous les référentiels de gestion de projet comme le PMBoK, on parle de cette technique pour bien gérer les projets. Or si beaucoup l’ont rencontrée en formation, presque personne ne l’a jamais vue en pratique.

Pour beaucoup, la valeur acquise semble inaccessible comme une sorte de Graal de la gestion de projet.

La quête d’un outil

Convaincus par l’intérêt de la valeur acquise, nous étions frustrés de ne pas pouvoir utiliser pour nos projets cette technique si efficace. Malgré nos recherches, nous n’avions pas trouvé l’outil pour générer facilement les rapports de la valeur acquise.

Par sa simplicité et sa souplesse, la feuille Excel est attirante de prime abord. Mais passés les premiers tests, cette approche convient mal à une utilisation réelle.

Quant aux progiciels classiques du marché, leur complexité et leur coût ont de quoi décourager. De plus, ils reposent tous sur l’approche classique de la gestion de projet (Gantt, PERT…) incompatible avec les besoins de souplesse et d’agilité de certains projets (ex: R&D, développement logiciel…).

Faute d’outillage adapté, la valeur acquise reste une technique très rarement, voire jamais, utilisée.

En créant TimePerformance, nous avons décidé de relever le défi en développant un outil simple avec une approche agile, capable de générer la courbe en S de la valeur acquise.

Enfin la valeur acquise

Premiers utilisateurs de notre logiciel de gestion de projet, nous avons pu ressentir les bénéfices immédiats de la technique de la valeur acquise.

Dans les premiers mois, on avançait dans le brouillard sans savoir où on en était et à quelle vitesse on progressait. Puis on a commencé à développer le moteur de calcul de la valeur acquise. La courbe en S de notre projet est enfin apparue et nous sommes aussitôt sortis du brouillard. On visualisait notre avancement et notre progression en temps réel. Enfin la lumière…

Courbe de la valeur acquise Courbe de la valeur acquise rapport d'avancement de la valeur acquise

Offshore et méthodes agiles: le mariage impossible…

Depuis quelques années, on voit apparaître dans le domaine du développement informatique des offres mariant l’Offshore et les méthodes agiles.

Comme le souligne ce rapport Forrester, les promesses de cette union sont grandes:

  • coûts très bas,
  • meilleure satisfaction utilisateur
  • et délais plus courts.

Voici donc la solution à tous les problèmes…

Le hic, c’est que tout le monde s’accorde à dire que les 2 approches sont incompatibles et même diamétralement opposées. Il s’agirait donc d’un mariage contre nature. 

Pour illustrer cette incompatibilité, voici quelques éléments.

Il est bien connu que le succès d’un projet Offshore pour le client final repose au moins sur les 2 points clés suivant:

  • avoir des spécifications solides, détaillées et stables;
  • éviter de traiter en direct avec le prestataire Offshore.

Du côté méthodes agiles, l’eXtreme Programming (XP pour les intimes) repose sur 4 valeurs: la communication, la simplicité, le feedback et le courage. SCRUM, quant à elle, repose sur les interactions directes entre les individus et une communication transparente.

On voit alors difficilement comment le fait de travailler via une société intermédiaire avec une société dans un pays étranger, donc avec une autre culture et généralement une autre langue, est compatible avec des méthodes préconisant une communication efficace, des feedbacks rapides et la simplicité des procédures. D’ailleurs, XP fait explicitement la recommandation du « client sur site » (le site étant le site de développement).

De plus, il faut préciser que la raison d’être des méthodes agiles est l’incapacité à produire des spécifications stables et détaillées du fait de la complexité ou de l’imprévisibilité de certains projets; ce qui est difficilement compatible avec le mode Offshore.

Vous trouverez ci-dessous quelques retours intéressants de la part de « ceux qui ont essayé »:

  1. Rapport sur les projets offshore et les méthodes agiles de la part d’une société de conseil en informatique. Ce rapport a d’autant plus de valeur que les problèmes rencontrés n’ont pas été masqués. Le plus significatif est la structure finale de l’organisation du projet qui est, à mon avis, très différente de ce que préconisent les méthodes agiles.
  2. Autre Article. (Rq: en conclusion de l’article, le compromis est d’utiliser le Unified Process qui, pour les puristes, n’est pas une méthode agile.)
  3. Article très détaillé sur les projets en Offshore contenant plusieurs témoignages.

Pour faire de l’Agile en Offshore, il faudra donc faire des compromis ou des adaptations, et surtout, mettre en place des méthodes et des outils de communication pour palier le problème de l’éloignement. D’ailleurs, le logiciel de gestion de projet TimePerformance offrirait de multiples avantages dans ce context: le mode SaaS pour le multi-site, excellente visibilité et  transparence pour facilité la communication entre les parties et totale compatibilité avec les approches agiles.

En conclusion, le mariage entre Offshore et Méthodes Agiles ne sera pas facile mais pas impossible.

 

 

 

Le projet pastèque

Projet pastèque

Un ami qui travaille dans une grande entreprise française m’a un jour parlé de « projet pastèque ».

Cette jolie métaphore est utilisée pour qualifier un projet dont les indicateurs ont été «bidouillés» pour rassurer tandis que toute l’équipe sait qu’il est en mauvaise posture.

Ainsi, le projet est vert vu de l’extérieur, et rouge vu de l’intérieur, comme une pastèque.

Nul doute que ce type de projet finira dans le mur et que la pastèque en éclatant montrera sa belle couleur rouge vif.